Au péril de la métempsychose : l’abstention de la viande dans l’Antiquité
Patrice Dartevelle
Très souvent, l’intérêt des historiens se porte sur tel ou tel aspect
du passé en fonction des préoccupations qui sont les leurs. Que j’aie
consacré voici bien longtemps mon mémoire de licence à l’athéisme
antique relève de cette tendance.
Jean-François Pradeau, professeur à l’Université de Lyon, vient de
consacrer un livre sur l’abstinence de la viande dans l’Antiquité,
projet qui correspond bien à l’essor du végétarisme ces dernières années
dans le monde occidental.1
Les faits de base sont bien connus, mais je ne vois pas d’ouvrage
aussi global en français.
Pythagore, Empédocle et l’orphisme
Le cas le plus connu et qui semble bien à l’initiative du mouvement
d’abstinence est Pythagore (sans doute 570 à 490 avant Jésus-Christ). Il
est surtout connu comme géomètre, comme mathématicien. C’est aussi un
personnage mystique, sans doute charismatique. Il vit à Crotone dans une
communauté philosophico-politique pratiquant un mode de vie spécifique :
l’abstinence de la viande.
Il semble n’avoir jamais rien écrit, mais les témoignages postérieurs
qui en font grand cas, sont nombreux et concordants sur le point qui
nous occupe.
Nous disposons de longs textes d’un abstinent tardif, Porphyre, un
néoplatonicien du IIIe siècle de notre ère (234-305), mais
aussi de citations claires. Ainsi, le géographe Strabon (65 avant JC-25
après JC) écrit : « Pythagore … prescrivait que l’on s’abstienne des
êtres animés ». Ovide, dans les Métamorphoses2, met en scène Pythagore,
qui d’emblée déclare : « La terre, prodigue de ses trésors, vous fournit
des aliments délicieux ; elle vous offre des mets qui ne sont pas payés
par le meurtre et le sang… quel crime… d’entretenir en soi la vie par la
mort d’un autre être vivant ».
La raison fondamentale de ce refus de tuer les animaux vient à mon
sens d’un ensemble cohérent d’idées fausses.
L’idée de base est que tous les êtres animés ont une âme. Celle-ci
est immortelle. Lorsqu’un être vivant meurt, son corps est détruit,
l’âme s’en échappe et passe dans d’autres corps, ceux d’humains ou ceux
d’animaux. C’est ce qu’on appelle la métempsychose3.
À ce compte, bien entendu, manger la chair d’un animal risque de nous
faire manger l’âme de notre grand-père !
Une autre raison importante pour les abstinents est mi-hygiénique,
mi-morale : les pythagoriciens sont obsédés par la purification. La
viande est un élément «lourd» qui alourdit l’esprit. C’est un prototype
d’argument irrationnel.
Le groupe des pythagoriciens est hiérarchisé selon un degré
d’initiation. Ceux qui sont abstinents sont plus proches d’une vie
vertueuse. Il y a une dérogation pour les athlètes, qui peuvent eux
manger de la viande.
On le voit, on est face à une diététique qui a quelque apparence de
raison, mais qui est fondée sur des a priori arbitraires.
Les pythagoriciens font volontiers référence à la médecine, mais
celle de l’époque n’a guère de valeur. L’importance donnée au régime et
sa survalorisation s’expliquent par la quasi-impuissance de la médecine
de cette époque.
Empédocle et les orphiques
Le premier héritier des pythagoriciens est le philosophe Empédocle
(483-424 av. JC).
Empédocle n’est pas un pythagoricien à proprement parler, mais ils
ont en commun l’abstinence de la chair. Empédocle était un adepte de la
métempsychose, comme Pythagore.
L’âme a une espèce d’identité. Elle perd celle-ci en s’attachant au
corps mortel d’un vivant.
Mais à la mort du vivant, elle migre vers un autre et ce de manière
répétitive, cyclique. « Vivant » regroupe bien humains et animaux comme
le montre ce fragment (B17) : « Car autrefois je fus jeune homme et
jeune femme. Et hérisson, oiseau et poisson dans la mer ».
Pour le philosophe, il existe bien une communauté entre humains doués
de raison et les vivants dépourvus de raison. C’est là un point délicat
parmi les abstinents dont certains soutiennent que les animaux sont en
fait doués de raison.
Tuer un animal et consommer sa chair, c’est agir « de façon injuste
et impie, comme si nous tuions des parents ».
Cette idée claire de communauté de tous les vivants est propre à
Empédocle.
Pour Empédocle, deux forces antagonistes, l’Amitié et la Discorde,
sont à l’œuvre, et le monde actuel est sous l’empire de la Discorde, ce
qui conduit à la disparition du monde. Pour l’instant, les âmes sont
« emprisonnées dans des corps mortels en guide de châtiment pour le sang
versé, la consommation de la chair et la dévoration mutuelle ».4
On ne peut guère aller au-delà, sur le degré d’abstinence ou sur la
différence entre espèces animales.
Les plus stricts sont les orphiques. L’orphisme est un courant
religieux apparu en Grèce du Nord au VIe siècle avant J.-C.
Il se réfère au mythe d’Orphée. Il se base sur une théologie initiatique
et une doctrine de purification. Une souillure originelle condamne l’âme
à un cycle de réincarnations. Ce mouvement invite à une stricte
abstinence de la viande et milite en faveur du régime végétal. Platon,
Aristophane et Euripide l’attestent.
Tous les abstinents grecs antiques doivent faire face à un problème
délicat, celui des sacrifices publics aux dieux qui comportent la
cuisson et la consommation civique de la viande. Les orphiques sont les
premiers à rompre catégoriquement avec des rituels essentiels pour les
Anciens.
Les orphiques ont une théogonie qui n’est pas intégralement la même
que celle d’Hésiode, la plus répandue. Une fois souverain du monde, Zeus
en confie la royauté à Dionysos, encore enfant. Les Titans tuent
l’enfant, le démembrent et cuisinent ses morceaux. Zeus finit par faire
renaître l’enfant à partir de sa cuisse. Ceci explique que, pour les
orphiques, la consommation des chairs est le symptôme du mal.
Ce sont les seuls véritables végétariens aux Ve et
IVe siècles. L’interdiction porte aussi sur les œufs et les
fèves. Ceux-ci sont identifiés à la semence, aux organes génitaux.
Platon
Ce qui va maintenir pendant plusieurs siècles la question de
l’abstinence, c’est sa reprise par Platon.
Le principe est simple : un des thèmes-centraux, sinon le thème
central, c’est la question de l’immortalité de l’âme. Il y a consacré
une œuvre entière : le Phédon. L’âme est immortelle, elle est
le principe de mouvement et de pensée. C’est elle qui crée le réel.
Après la mort du corps au sein duquel elle était incorporée, elle va
reprendre sa vie, au gré de la métempsychose.
Mais Platon développe ce point bien au-delà de Pythagore.
Il est le premier à dire que cette métempsychose se fait selon des
critères éthiques et un jugement de la puissance divine. Selon la valeur
estimée de la valeur de la vie précédente, elle décide de la prochaine
incorporation de l’âme selon son mérite. Celui-ci est réglé par la
proximité de l’âme avec un Dieu et des réalités véritables : « que celle
qui en aura eu la plus copieuse vision aille s’implanter dans la semence
d’un homme appelé à devenir ami du savoir et ami de la beauté (celle du
septième rang) ou à l’artisan ou au cultivateur »5.
Le risque serait donc grand si on mangeait de la chair. Mais Platon
n’insiste guère sur cet aspect.
Un passage du Timée6 indique même une
hiérarchie entre les hommes et les plantes : celles-ci ne pensent ni ne
se meuvent, elles n’ont pas de capacité intellectuelle.
En réalité, la perspective de Platon est plus complexe et plus
politique. Ce qu’il veut, c’est qu’à l’imitation de pratiques de Sparte,
les citoyens (y compris les femmes) prennent leur repas en commun, comme
le font des soldats. Ce serait prescrit par la loi. Terrible mélange
d’un mysticisme foncier, d’une non-argumentation et d’une vision
militarisée – on peut dire franchement : autoritaire et donc très
hiérarchisée . C’est l’inverse parfait de la société démocratique
athénienne. C’est tenter de mettre fin à la diversité des hommes et des
groupes sociaux ou politiques.
Platon réglemente tous les repas et, nous dit Jean-François Pradeau,
ils n’ignoraient pas la viande (Lois, VIII, 49). Il s’agit de
vente au détail de viande aux étrangers, aux artisans et aux serviteurs,
dans un passage détaillé mais non argumenté, selon moi. Donc, qui veut
pourrait en manger s’il est extérieur à la ville ou s’il est de
condition inférieure. C’est l’expansion maladroite et autoritaire de la
pratique grecque et surtout athénienne du banquet. Mais le banquet
comprend un repas suivi d’une discussion, d’une célébration (bien)
arrosée de vin.
Le repas collectif a diverses fonctions : rassembler les citoyens,
mais aussi contrôler leur comportement. Le régime alimentaire est donc
politique – ce qui désigne un régime plus qu’autoritaire . Régime
alimentaire et régime politique vont de pair.
Les philosophes qui, dans l’antiquité de Platon, ont vocation à
gouverner, forment une communauté d’abstinents : ils sont les athlètes
de la vertu.
Plutarque
Sautons pour l’instant quelques siècles et passons à Plutarque
(45-125), un platonicien déclaré. Il est l’auteur d’une sorte de
conférence qui a été transmise inachevée, Manger de la
chair.
Pour l’essentiel, ses arguments sont ceux des abstinents qui l’ont
précédé : nous n’avons plus besoin de manger de la chair, grâce aux
techniques agricoles. L’alimentation carnée nuit à notre corps autant
qu’à notre âme, celle-ci est immortelle et migre d’un être vivant à
l’autre, le carnage de la viande est la conséquence de notre
dérèglement, manifestation pathologique d’un goût humain pour
l’excès.
À cela, il faut opposer, selon Plutarque, un seul remède : la
philosophie. Le prêtre de Delphes est effectivement un homme du royaume
des idées, qui pense que celles-ci sont à la source de tout.
Mais, nuance importante, si Plutarque s’en prend à la consommation de
la viande, il ne va pas jusqu’à interdire cette consommation. Son
problème est même de déterminer dans sa perspective végétarienne quelle
peut être la part de la viande. Ce qui lui importe le plus, c’est le
mode de vie qu’elle implique ou reconnaît. C’est donc une critique
morale sur les mœurs. La conduite de la vie importe autant que la
santé.
Cette position de philosophie, Plutarque l’adapte au nom de la raison
qui ne peut être vaincue par un désir excessif. L’important pour
Plutarque – des siècles ont passé depuis Platon – c’est la consommation,
le mode de vie déréglé, dans l’alimentation comme par ailleurs dans le
goût du luxe. Une vie vertueuse consacrée à la discussion et au savoir
constitue le vrai plaisir.
Plutarque est particulier sur un point. Il soutient que les animaux
disposent de raison et de sensibilité. Ils disposent d’un langage qu’on
peut comprendre en s’y attachant. Pour Plutarque, il faut être en paix
avec soi-même et la consommation de viande est la manifestation du
contraire. Mais Plutarque n’a pas vraiment le goût de Platon pour les
méthodes autoritaires.
Les néoplatoniciens
Le philosophe néo-platonicien Porphyre (234-305) écrit vers 270 un
traité en quatre livres, De l’abstinence des êtres animés.
C’est une sorte de lettre adressée à un ami qui s’est remis à manger de
la viande. Ce qui lui importe le plus, c’est qu’en même temps qu’il
renonçait à l’abstinence, il a renoncé à la philosophie.
Plus clairement que Platon, il accepte que cette abstinence ne soit
pas faite pour le commun des mortels. Il ne vise que ceux qui veulent
consacrer leur vie à la contemplation, donc ceux des philosophes « qui
font dépendre leur bonheur de dieu et de son imitation ».
Il faut se purger des passions et exercer notre « pensée
intellectuelle ».
C’est la pensée de base des néo-platoniciens et les mauvaises langues
disent sûrement que c’est presque de l’ascétisme chrétien mais sans
Jésus.
Il faut absolument s’abstenir du gras, qui aboutit à empêcher la
réflexion. Porphyre traite longuement d’un problème sensible par rapport
à la population grecque, qui n’est pas abstinente dans sa généralité :
la question des sacrifices avec sacrifices d’animaux et dans cette
circonstance la consommation de la viande en communauté. Il réduit le
problème en disant que les sacrifices se font en faveur de dieux
mineurs. Pour lui, renoncer aux sacrifices n’est pas une transgression.
Le philosophe peut sacrifier aux dieux en leur offrant des végétaux et,
s’il veut participer à un sacrifice sanglant, il peut le faire, mais en
s’abstenant de manger la viande.
C’est donc une éthique du petit nombre que vise Porphyre. Bien des
siècles se sont écoulés depuis Platon et un Grec ne peut songer à dicter
sa loi à Rome.
Comme Plutarque, il soutient que les animaux communiquent entre eux,
qu’ils sont capables d’apprentissage. Ils sont même moraux et prennent
de vraies décisions. Sur certains plans, variables selon les espèces,
les animaux l’emportent sur l’homme (l’aigle voit mieux que l’homme).
Entre l’homme et les animaux, il y a tout au plus des degrés en matière
de réflexion.
Dans un autre ouvrage, Porphyre traite de son maître, Plotin
(205-270), le plus célèbre des néo-platoniciens.
Plotin ne mange pas de viande et ne touche même à rien de ce qui est
d’origine animale, comme des médicaments fabriqués à partir de la chair
d’animaux. En fait, il ne mange presque rien, aux dépens de sa santé,
dans une radicalité que déplore son disciple.
Plotin est très mystique, un peu sur le modèle des stylites païens ou
chrétiens qui s’isolaient en haut d’une colonne et pour qui il faut
abandonner la sensation pour s’élever vers ce qui est haut. Les beautés
sont l’œuvre de l’âme du monde qui a engendré tout le vivant, y compris
les plantes.
Il faut une purification, c’est-à-dire retrancher de nous les désirs
corporels. Cet arrachement est un chemin qui commence par les vertus
civiques (celles exigées par la vie en société) et se poursuit par les
vertus purificatrices (suppression de ce qui est étranger à l’âme). Les
plaisirs ne doivent servir qu’à apaiser un corps fragile, dont le calme
libère l’âme.
On n’est pas loin du mysticisme chrétien antique (et au-delà).
L’abstinence de la viande n’est qu’une des facettes de l’ascèse.
Mais Porphyre fait preuve d’une certaine modération dans cette vie
qui fait abstraction du monde, des autres, pour un concept aussi
imaginaire que la métempsychose. Il comprend que pour philosopher, il
faut un peu de force physique.
Les critiques face aux abstinents
Les philosophes dont on vient de parler ne sont – heureusement – pas
dominants dans l’Antiquité. Outre le groupuscule pythagoricien, qui
s’éteindra de lui-même, seul le milieu platonicien est concerné, mais
l’école de loin dominante à partir de l’époque hellénistique, le
stoïcisme, et même une fraction du platonisme, les académiciens, qui
finiront en sceptiques, l’épicurisme et l’aristotélisme ont combattu les
positions abstinentes.
Porphyre, notre principale source sur le concept, rapporte ces
oppositions.
Un auteur quasi inconnu, Clodius de Naples, du 1er siècle
av. J-C., a rédigé un traité contre l’abstinence, aujourd’hui, perdu,
mais que Porphyre cite.
Pour les stoïciens, les animaux sont privés de raison et il est
légitime de les utiliser comme nourriture ou pour exécuter certains
travaux. Les seuls êtres rationnels sont les dieux et les hommes et il
ne saurait y avoir d’égalité entre ces derniers et les animaux.
Pour les péripatéticiens, les animaux n’étant pas susceptibles de
justice avec les humains, ceux-ci sont dispensés de cette obligation
envers les animaux.
Les épicuriens, notamment Hermarque (325-250 av. JC) ne sont pas plus
tendres. Ils rappellent qu’historiquement les humains ont dû se défendre
contre les animaux et qu’on doit encore éliminer des animaux menaçants
ou en nombre excessif.
Un autre argument est plus décisif : les animaux ne peuvent être
sujets de droit, ce qui devrait être le cas s’ils avaient une âme.
Clodius et un académicien, Héraclide du Pont (385-322), dont on ne
sait pas non plus grand-chose, ont étoffé leurs critiques.
Ils citent tout d’abord le fait que les hommes mangent de la viande
depuis qu’ils cannibalisent. Depuis lors, aucun peuple n’est abstinent.
En outre, les hommes sont toujours en situation de conflit avec d’autres
espèces. À toutes les époques, les bêtes nous menacent. Les tuer et les
manger n’est pas un acte gratuit, c’est un acte utile.
Le cas du cochon est amusant : pour les Anciens, à la différence de
la plupart des animaux, il ne peut servir à rien d’autre qu’à être
mangé, « dieu ayant mêlé l’âme à sa chair comme du sel », selon un
argument d’un stoïcien de premier plan (il a été scholarque des
stoïciens), Chrysippe (280-206 av. J.-C.). Bien entendu, les critiques
de l’abstinence ne manquent pas de relever l’avis des abstinents quand
ils acceptent que les athlètes mangent de la viande : celle-ci n’est
donc pas nuisible et donne plus de force. Consommer de la viande est
donc une exigence de santé. Autre argument : si la métempsychose est
vraie, les âmes logées dans les animaux devraient être contentes d’en
sortir.
Dernier argument : en vertu de quoi les abstinents laissent-ils de
côté les végétaux ?
Une conclusion très discutable
Si le texte de Jean-François Pradeau est rédigé de manière expositive
et neutre, contrairement à ce que je viens de faire, il ne contient
aucun commentaire même à l’encontre d’une thèse aussi fragile sinon
fumeuse que la métempsychose.
Dans le cas de Platon, jamais il ne traite du contexte inaudible pour
nous de la face noire de Platon : sa valorisation de la philosophie
nourrit une volonté d’asseoir un régime autoritaire dirigé par des
« sachants » qui sont les plus éloignés possible de la vie de la
cité.
Dans ses réflexions finales, Jean-François Pradeau assure que « dire
que l’on se conduit selon ce qu’on mange… c’est comprendre que nos choix
alimentaires ne sauraient être moralement neutres ». C’est une
généralisation parfaitement abusive. Hitler était végétarien.
Personnellement, je n’en tire aucune conclusion.
Sa conclusion m’inquiète beaucoup.
Il déclare : « Les abstinents platoniciens nous accompagnent dans la
réflexion que nous devrions avoir sur notre alimentation » (p. 175). Je
crois plutôt vivement que pour tout esprit contemporain, les liens avec
la métempsychose seront très dissuasifs.
Les préoccupations écologiques sur la consommation de viande et son
coût pour l’environnement relèvent d’une attitude inverse : l’analyse
scientifique et rationnelle de la situation.
Souvent les historiens des idées sont partagés entre ceux qui pensent
que le passé, même ancien, est proche de nous en termes de mentalité.
D’autres, dont je suis, considèrent que la réalité est inverse : les
ressemblances sont grossières et les différences essentielles.
1 Jean-François Pradeau, Philosopher sans viande : L’abstinence de la viande dans l’Antiquité, Paris, PUF, 2026, 222 p.
2 XV, 60-159.
3 J.-F Pradeau utilise toujours « métemsomatose » à la place du bien connu « métempsychose » sans que j’en voie le bénéfice.
4 B115 (Plutarque, Manger de la chair, 7, 996 B-C).
5 Platon, Phèdre, 248 – 2 49 e.
6 Platon, Timée, 77.
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